Bienvenue
AOÛT à la Maison SAGE
Parc ouvert tous les jours, sauf lundis et mardis,
de 15h à 19h30
Qui sommes-nous ?
Association Maison Sage
D’abord… un lieu chargé d’histoire, hérité d’une vieille famille laroquaise, la famille Sage, notamment associée aux prémices de l’industrie textile dans notre Pays d’Olmes. Vous pouvez trouver un historique détaillé dans notre rubrique dédiée. Depuis 2015, en guise de filiation pour l’effervescence que cette famille fit régner sous son toit, Marc et Christiane Meurisse, les actuels propriétaires, ont mis sur pied une association ayant pour objet le partage des savoirs et savoir-faire à l’échelle de notre bassin de vie, comme indiqué dans nos statuts.
Concrètement, nous nous situons comme un lieu de rencontre au sein du Pays des Pyrénées Cathares où toute personne sensible à la culture au sens le plus large peut venir s’exprimer, partager, découvrir, s’émouvoir… au travers de sa propre expérience et au contact de celle des autres. Afin d’illustrer cette présentation trop généraliste, voici quelques unes de nos activités reposant sur les trois piliers qui nous animent :
Préserver et faire connaître la mémoire du lieu
En toute occasion, nous proposons des animations de découverte du patrimoine associé à notre Maison sur plus de quatre siècles d’évolution ainsi qu’ au cadre historique de son bassin de vie (notamment pour les Journées du Patrimoine de Pays et les Journées Européennes du Patrimoine, le plus souvent en lien avec le Pays d’art et d’Histoire).
Recherche historique et récit de cette famille illustre dans un écrit grand public, à l’aune de la grande Histoire et des péripéties de notre territoire (livre paru fin 2025)
Soutien aux propriétaires pour la préservation matérielle de ce patrimoine
Rendre ce lieu attractif et vivant, impliquant le public le plus large, en lien avec toute autre entité aux objectifs compatibles
Diversification des formes pour les visites précitées
Initialement nous organisions des expositions artistiques à l’année, valorisant les artistes du territoire. Pour l’heure, des contraintes règlementaires ne nous permettent plus l’accueil de public en intérieur, aussi mettons nous l’accent sur les possibilités du parc en saison estivale, avec un élargissement des modes d’expression et talents artistiques. Ainsi, nous avons initié :
- depuis le mois de juin 2023 le concept « Joyeux Jeudis de Juin au Jardin des Sage » accueillant un concert ou spectacle de talents locaux par soirée (formule au chapeau et prolongement en auberge espagnole, de 18h30 à… 23h30)
- à partir du mois de juillet 2025 exposition d’arts plastiques sur deux semaines avec artistes invités et divers évènements associés, en partenariat avec l’association D’Art en Arts (Art’péro, concerts, vide-grenier artistique, ateliers participatifs…)
Plus confidentiellement, des rencontres mensuelles (généralement le dernier vendredi de chaque mois à partir de 18h30) sont proposées aux adhérent(e)s et sympathisants, pour un nombre inférieur à vingt personnes, avec trois formules en alternance :
- rencontre philo-littéraire autour d’un thème donné à l’avance, offrant aux participants de préparer textes choisis ou réflexions personnelles qui sont mis en partage.
- échange philosophique à partir de pensées d’un personnage illustre où chacun(e)e peut s’exprimer spontanément.
- libres discutions autour de trois œuvres d’art issues des participants, soumises au regard des gens présents.
A chaque fin de séance, un prof de philo apporte son éclairage à partir de nos expressions. Une auberge espagnole conclut chaque rencontre, le plus généralement accompagnée par des musiciens issus du groupe.
Construire pas à pas le devenir du lieu.
Au-delà de la dynamique actuelle, la volonté de notre association rejoint celle des propriétaires, à savoir tirer partie du fort potentiel de ce patrimoine, tant matériel qu’historique, afin de lui conférer un rôle de carrefour d’échange partant des savoirs et savoir-faire ainsi que de la volonté des gens qui se retrouvent dans ces valeurs. Concrètement, il reste à imaginer ensemble comment traduire ce qui fait sens commun, partant de besoins constatés et la meilleure façon de s’en donner les moyens… Notre réflexion du moment : Outre la création d’évènements, doit-on envisager la création d’espaces de travail pour artisans et artistes ? Penser des aménagements permettant leur accueil en résidence ou encore l’hébergement d’artistes de passage ? Quel montage juridique pour à la fois garantir la pérennité du bien au service du projet ? Quelle entité juridique pour en assumer la gestion ?… Bref, des questionnements importants encore loin d’être résolus mais qu’il importe de ne pas perdre de vue, tel un fil conducteur à tout ce qui nous anime au présent.
Votre présence à nos côtés, d’autres personnes auxquelles vous pensez et que vous pourriez inviter, les réflexions que nous pouvons échanger, tout cela participe à cette démarche.
Histoire
La maison Sage,
construite de 1865 à 1868, symbolise, dans l’imaginaire collectif, le renouveau du textile laroquais.
S’il y a « regain », c’est qu’il a existé une industrie beaucoup plus ancienne, « une industrie occupant une position de référence dans le commerce méditerranéen du Moyen Âge ».
Au pied de son église construite en 1385, s’est développé, dès 1398, sur deux canaux longeant le Touyre, un appareillage industriel absolument incroyable pour l’époque, composé de 16 moulins foulons battants, 10 tournails pouvant être transformés en moulins foulons battants selon la demande, 5 teintureries… On est très loin du simple artisanat.
Laroque était renommée pour des draps étroits d’une certaine finesse, ses fameux seizains de 1 600 fils, expédiés vers l’Empire ottoman, c’est-à-dire la Grande Turquie intéressée pour des raisons essentiellement religieuses par du tissu de bonne tenue et de couleur verte et en conséquence foulé et teint.
Si, en 1554, en pleine Renaissance, à l’époque des châteaux de la Loire, les Limouxins, Germain et Pierre Sage, père et fils, tailleurs pour dames, viennent s’installer à Laroque d’Olmes, c’est qu’ils sont sous le charme de cette ville, la plus peuplée de la seigneurie de Mirepoix, une ville qui brille de mille feux grâce à son textile et ses peignes et écuelles en buis.
Il faut dire qu’à cette époque, alors que Lavelanet n’est qu’une simple bourgade qui ne prendra véritablement son essor que quelques siècles plus tard, autour de son église, à la fin du XVIIe et que Mirepoix se remet à peine de son inondation de 1298, Laroque d’Olmes se voit gratifier en 1507, sous Louis XII, par le seigneur Jean V de Lévis, d’une prestigieuse charte sur le textile. Une consécration qui a pour effet de faire exploser son corset de murailles. La ville compte désormais 683 feux intra et extra-muros, c’est-à-dire 683 familles payant l’impôt, soit une population considérable dépassant sans aucun doute très largement les 2 000 habitants…
Hélas, la bonne fortune de Germain et Pierre Sage comme tailleurs n’est que de courte durée. Victime des guerres religieuses, la ville est bombardée et détruite par les protestants en 1562.
Dès lors, Pierre Sage n’a d’autres ressources, pour laisser un patrimoine durable à ses héritiers, que de se tourner vers la terre et louer dans un premier temps, dès 1614, celles du sieur Roubichou, terres situées près du pont des Curbeillets à l’emplacement de l’actuelle maison Sage ainsi que celles, en 1616, de la ferme d’Amont, près de Notre-Dame du Mercadal. Il investit aussi dans la pierre autour de 1630 dans deux maisons du clos de la ville pour renouer quelque temps avec leur métier.
Cependant, dès la troisième génération, Germain, qui reprend le prénom de son grand-père, a d’autres ambitions. Il obtient rapidement le titre honorifique de bourgeois et est élu premier consul, c’est à dire l’équivalent de Maire.
Dès lors, les Sage se notabilisent et occupent le devant de la scène laroquaise. Par de beaux mariages, ils accroissent leurs propriétés terriennes. Leurs choix sont les bons car l’industrie textile laroquaise, en perte de vitesse, devient avec l’industrie mirapicienne de simples sous-traitantes de la brillante industrie carcassonnaise subventionnée par Colbert, ministre de Louis XIV, qui poursuit la vente de draps verts à l’Empire ottoman.
Laroque et ses 4 moulins foulons ne compte guère que 1260 habitants en 1746 sous Louis XV malgré une embellie passagère due à l’industrie du jais. Elle se dirige tout droit vers un plus bas de 700 habitants à la veille de la Révolution de 1789.
En effet, quand le marché des draps verts carcassonnais trop spécialisé et surproductif s’effondre dans les premières années du règne de Louis XVI, les ouvriers se détournent du textile et choisissent d’aller travailler dans la vigne. Par ricochet, Mirapiciens et Laroquais perdent aussi leurs emplois.
Le seul espoir financier des Carcassonnais réside désormais dans la commercialisation des nouvelles mécaniques mises au point dans les manufactures royales audoises créées par Colbert. Pour ce faire, ils ont besoin de développer un nouveau marché textile. Depuis leur tête de pont de Chalabre, ils font tout pour réindustrialiser ou industrialiser le Pays d’Olmes autour des places de Laroque d’Olmes, de Lavelanet et de leur voisine Sainte-Colombe-sur-l’Hers, villes riches en eaux indispensables au textile et peu propices à la culture de la vigne.
C’est ainsi que l’on assiste au renouveau du textile laroquais et à la naissance du textile lavelanétien.
À Laroque d’Olmes, François Victor Sage jeune est le premier industriel connu qui prolonge le 7 juillet 1799, le canal qui part de l’Entounadou et longe des terres qu’il gère dans le voisinage du pont des Curbeillets depuis 1614 et qu’il loue désormais à perpétuité, terres où il installe des mécaniques nouvelles. Il est suivi par les Maurel, anciens bonnetiers spécialistes de la maille qui sont conscients des bénéfices rapides que l’on peut tirer de telles innovations.
À Lavelanet, Jean-Baptiste Pascal Dumons en 1796 et Étienne Dumas en 1801, natifs ou formés à Chalabre, sont leur alter égo en industrie.
Les machines à carder, à filer, à tondre, à brosser et coucher les draps sont vite rentabilisées. On assiste rapidement à la fin des moulins foulons battants qui ont fait la bonne fortune de Laroque, remplacés par des mécaniques nouvelles. Notons que le tissage, qui a toujours lieu à domicile, est peu impacté par les nouveautés, à ceci près que les métiers s’élargissent.
Pour minimiser le fractionnement des processus industriels couvrant tous les stades de la fabrication du tissu, les entreprises familiales Sage et Maurel choisissent d’investir dans le même secteur. Ils procèdent à toutes les acquisitions qui se présentent et de préférence le long du même canal. Comme il y en a deux, la répartition s’équilibre assez bien.
En 1861, Jean-Baptiste Paul Pascal Sage achète au pont des Curbeillets la maison Justin Cathala qui exerce le métier de teinturier, maison victime d’un incendie en 1865. Il entreprend de la reconstruire et termine les travaux en 1868. Cette belle maison de maître prend le nom de son propriétaire « maison Sage ». Ironie du sort, Jean-Baptiste Paul Pascal décède deux ans plus tard son inauguration, en 1870.
Trois Sage symbolisent ce renouveau du textile laroquais dans la maison Sage :
– Jean-François Victor Sage jeune : le créateur,
– Jean-Baptiste Paul Pascal : le capitaine d’industrie au caractère bien trempé, trois fois maire, qui immortalise dans l’histoire industrielle du Pays d’Olmes le nom des Sage.
– Adrien l’opportuniste, qui continue à agrandir l’entreprise familiale et exploite quatre fabriques sur le canal del Rey reliées par un chemin de quatre mètres de large, qui réalise le rêve familial d’une usine semi intégrée s’inscrivant dans le triptyque : Filature-Tissage-Ennoblissement et qui fait construire au cimetière le tombeau familial.
Comme la plupart des industriels de troisième génération de l’époque qui, confrontés soudainement à une innovation technologique, choisissent de prendre leur bénéfice et de passer la main, Adrien, plutôt que d’investir dans la mécanisation des métiers à tisser, préfère vendre et se retirer dans son château toulousain.
Pour apprécier la grande vitalité des onze générations laroquaises de la famille Sage qui ont écrit trois siècles et demi des plus belles pages de l’histoire de Laroque, de 1554 à 1900 environ, il convient de vous reporter au livre : « Laroque d’Olmes et son textile au prisme d’une vieille famille laroquaise, les Sage. » en vente seulement à la mairie de Laroque.
Henri Aussaguès 2026.